
Fiches techniquesDéfiguration de site - pour aller plus loin19 décembre 2007 19:36
IntroductionLa défiguration (aussi appelée barbouillage ou defacement) de site est une attaque qui consiste à ajouter ou modifier une page sur un site internet. Plusieurs sites où les barbouilleurs revendiquent leurs actes, offrent une certaine visibilité à cette activité.
Techniques d’attaqueLes barbouilleurs utilisent différentes techniques, mises en œuvre à différents niveaux :
Les outils de sécuritéLa protection des systèmes d’information est traditionnellement mise en œuvre à l’aide de divers outils tels que :
Ces outils sont toutefois impuissants pour lutter contre une attaque sur le port 80/TCP d’un serveur. Un train peut en cacher un autreLe CERTA a analysé en détail plusieurs attaques de ce type. L’enseignement principal retiré de ces analyses est que la défiguration n’est que la partie visible d’une attaque. Exemple d’URL agressive :
Sur un site vulnérable, l’intrusion peut être réalisée par l’exécution de commandes (ici wget) passées dans des URL. Un simple navigateur permet de prendre le contrôle de la machine. Un agresseur peut utiliser le procédé pour lancer des commandes qui ouvrent une porte dérobée, volent des mots de passe, installent des outils malveillants, etc. Dans de nombreux cas, la défiguration est le symptôme d’attaques plus profondes, révélant plusieurs agresseurs antérieurs moins voyants. La communication n’est pas la sécuritéUn site sur l’internet étant souvent la vitrine d’une organisation, la défiguration dégrade son image. L’administrateur de site inexpérimenté est ainsi tenté de restituer au plus vite l’apparence officielle. Cela est risqué parce que le fait de restituer la page originale détruit souvent des indices utiles si la victime souhaite :
Comment lutter ?Prévention Une bonne prévention consiste à avoir une politique de sécurité :
Les outils de journalisation produisent un réel gain dans la détection des problèmes de sécurité lorsqu’on affecte des ressources humaines suffisantes pour les dépouiller au quotidien. Réaction Les délais de réaction sont considérablement réduits lorsque les administrateurs lisent régulièrement les journaux de connexions ou de pare-feu. Le premier réflexe en cas de découverte ou de signalement d’une défiguration devrait être de contacter une équipe de traitement d’incidents. Cette démarche est le seul moyen d’éviter le risque de destruction d’indices pour garantir toutes les possibilités de réponses. Sous-traitance Le CERTA a pu constater que les hébergeurs informent rarement les victimes d’une attaque. Dans le cas d’un traitement de données personnelles, la responsabilité de la victime pourrait être engagée pour des faits dont elle n’a pas connaissance. L’hébergement mutualisé (plusieurs sites sont hébergés sur une même machine appartenant à l’hébergeur) augmente les risques de défiguration et complique considérablement la réponse. Les risques de défiguration augmentent, parce qu’une seule attaque peut modifier le contenu de tous les sites d’un même serveur. Le niveau de maturité des autres sites sur le serveur peut être insuffisant et peut permettre ce type d’attaque. Le légitime respect de la confidentialité due aux autres victimes interdit l’accès aux éléments permettant de comprendre la portée de l’attaque, souvent le problème n’est pas vraiment corrigé, d’où de fréquentes récidives. L’insécurité reste trop souvent le prix à payer pour un système bon marché. Enfin, confier la réponse à l’incident à l’hébergeur expose au risque de destruction définitive d’indices. Un contrat de sous-traitance devrait donc garantir au client :
Références
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