Actualités > TechniqueDéfaut du générateur aléatoire de DebianUne modification malencontreuse du générateur aléatoire de la bibliothèque OpenSSL distribuée par Linux Debian a rendu faibles les clés cryptographiques générées en l’utilisant. Et les conséquences sont nombreuses, y compris pour des utilisateurs qui ne savent même pas ce qu’est Linux. Les faitsLe 13 mai 2008, une vulnérabilité dans la bibliothèque OpenSSL distribué par Debian était publiée par les auteurs du projet. L’origine de cette vulnérabilité est la suppression, par les développeurs de Debian, d’une partie du code qui produisait des avertissements lors de la compilation. Cette suppression de code a pour conséquence de ne plus intégrer d’éléments aléatoires lors de la génération des clés, ce qui limite le nombre des possibilités à une valeur très faible. Les clés générées par les systèmes implantant cette version défectueuse peuvent donc être devinées de façon triviale ; en fait elles ont d’ores et déjà été devinées, leur liste est disponible sur internet et tester l’ensemble des clés possibles ne prend que quelques heures. Ce défaut est présent sur tous les systèmes Linux Debian depuis le 17 septembre 2006 [1]. Un correctif est disponible depuis le 13 mai 2008 [2]. Il est également hérité par les systèmes d’exploitation qui reprennent la librairie OpenSSL de Debian. C’est le cas en particulier des distributions Ubuntu. D’autres produits, qui peuvent utiliser le système Linux Debian de façon embarquée, pourraient s’avérer impactés, sans qu’il soit possible de les identifier facilement. Les conséquences directesLes éléments directement affectés par le défaut ci-dessus sont les clés ou les secrets générés par le générateur d’aléa d’OpenSSL d’une distribution Debian postérieure à septembre 2006. En particulier, les clés suivantes sont concernées (liste non exhaustive) :
Si un utilisateur utilise une clé faible pour s’authentifier à un serveur, il devient très facile de s’authentifier à sa place et d’accéder à son compte. Si un serveur utilise une clé faible, un attaquant peut monter un serveur pirate et recevoir les connexions des utilisateurs à la place du serveur légitime. Les sessions SSL chiffrées avec une clé faible peuvent être facilement déchiffrées. Toute communication passée qui a été enregistrée, dont la clé a été générée sur un serveur vulnérable, peut être déchiffrée a posteriori. Si une infrastructure de gestion de clés a généré ses clés à l’aide d’une distribution impactée, ce sont l’ensemble des clés générées qui sont faibles. Conséquences indirectesLe défaut observé est particulièrement dangereux car même des systèmes autres que Debian peuvent être impactés. Un serveur ne doit pas accepter de clé ou de certificat sans tester son appartenance au groupe des clés faibles. De plus, toutes les clés d’utilisateurs déjà présentes sur le système doivent être vérifiées. Toute signature de type DSA réalisée sur un système Debian ou apparenté comportant la vulnérabilité a compromis la clé de signature. En effet, pour une signature DSA, le même si la clé d’origine n’était pas faible, elle a été compromise au moment de la signature par l’utilisation d’un mauvais aléa. RecommandationsSi vous utilisez Linux dans l’une des distributions concernées, outre la mise à jour immédiate de votre système, la vulnérabilité découverte implique également le renouvellement de toutes les clés cryptographiques de votre système. Il est également fortement souhaitable de renouveler ensuite les mots de passe de connexion que vous auriez pu utiliser à travers une session "sécurisée" SSL, par exemple sur votre serveur de banque en ligne. Si vous n’utilisez pas l’un des systèmes concernés, vous pouvez être impacté de façon indirecte :
Les techniciens trouveront le détail des mesures à prendre en consultant le bulletin d’actualité du CERTA du 16 mai 2008 Références |